La disparition du Commandant Kader Doumbouya plonge les Forces armées, le monde sportif et toute une génération de jeunes qu’il a marqués dans une profonde affliction. Ancien judoka, officier du Bataillon de Troupes Aéroportées (BATA), il s’en va en laissant derrière lui bien plus qu’un uniforme : un héritage humain, moral et patriotique.
Pour beaucoup, il fut un officier respecté. Pour d’autres, un compagnon de tatamis, un frère de quartier, un aîné bienveillant. À Boussoura Port, où il résidait, le Commandant Kader Doumbouya était une figure familière, proche et accessible, profondément attachée à la jeunesse sérieuse, courageuse et ambitieuse. De nombreux jeunes du quartier l’ont côtoyé, conseillé et vu incarner, au quotidien, les valeurs de discipline et de droiture.
Très tôt, il choisit la voie de l’engagement et du sacrifice. Sa carrière militaire s’est construite sur une formation solide et ouverte sur le monde. Il poursuivit des études militaires et stratégiques dans l’ex-Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), en République populaire de Chine, puis aux États-Unis. Ce parcours international forgea un officier rigoureux, discipliné et doté d’une vision stratégique rare, nourrie par l’expérience et la diversité des doctrines militaires.
De retour en Afrique, il gravit les échelons avec discrétion et constance, s’imposant par son professionnalisme, son sens aigu du devoir et sa loyauté envers l’institution militaire. Officier de terrain autant que stratège, il sut commander dans des contextes difficiles, souvent marqués par l’instabilité et le danger.
C’est notamment sur les théâtres d’opérations africains, en particulier au Libéria, que le Commandant Kader Doumbouya forgea sa réputation. Courageux, calme sous le feu, proche de ses hommes, il refusait les privilèges inutiles et partageait les mêmes risques que ses troupes. Son leadership naturel faisait de lui un modèle pour les jeunes officiers et une référence respectée par ses pairs.
Mais au-delà du soldat, il y avait l’homme. Le judoka discipliné, attaché aux valeurs de respect, de maîtrise de soi et d’humilité. L’ami des jeunes dégourdis et sérieux, qu’il encadrait et encourageait sans jamais rechercher la reconnaissance. Un homme droit, profondément attaché à l’honneur militaire, à la discipline et à la protection des populations civiles.
Le décès du feu Commandant Kader Doumbouya laisse un vide immense. Il marque la fin d’un parcours exemplaire, mais son nom et ses valeurs continueront de vivre dans la mémoire collective, sur les tatamis, dans les casernes et dans les quartiers qu’il a marqués par sa présence.
À sa famille, à ses frères d’armes, à ses anciens compagnons de judo et à toute la jeunesse qu’il a inspirée, la Nation doit reconnaissance et respect.
Dors en paix, mon Commandant.
Les dates du transfèrement et des obsèques feront l’objet d’un communiqué officiel.
IN MEMORIAM







