Du cobalt au lithium, le continent africain s’impose comme l’acteur incontournable de l’économie des énergies propres
Alors que la planète accélère sa sortie progressive des énergies fossiles, l’Afrique s’affirme désormais comme l’un des maillons essentiels de la transition énergétique mondiale. Riche en minéraux critiques indispensables aux technologies propres, le continent détient une position stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales qui façonnent l’avenir énergétique.
Selon les perspectives 2026 publiées par la Chambre africaine de l’énergie (African Energy Chamber – AEC), les ressources africaines en cobalt, lithium, cuivre et métaux du groupe platine (PGM) constituent la colonne vertébrale du développement des énergies renouvelables, des batteries de stockage et des véhicules électriques. Des matériaux sans lesquels la transition vers une économie décarbonée serait tout simplement impossible.
Une demande mondiale en forte accélération
La transition énergétique entraîne une explosion de la demande en minéraux critiques. Les panneaux solaires, les éoliennes, les batteries lithium-ion et les systèmes de stockage d’énergie consomment nettement plus de minéraux stratégiques que les infrastructures énergétiques traditionnelles. D’ici 2035, la demande mondiale de ces ressources pourrait être multipliée par cinq par rapport aux niveaux observés en 2023.
Cette pression sur la demande s’accompagne de risques croissants de pénurie, accentués par les tensions géopolitiques, la concentration des capacités de raffinage et la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans ce contexte, la diversification des sources d’approvisionnement devient une priorité stratégique pour les grandes puissances industrielles.
L’Afrique, géant minéral en pleine affirmation
L’Afrique concentre certains des gisements les plus riches au monde. En 2024, le continent figurait parmi les premiers producteurs mondiaux de cobalt, de cuivre, d’or et de métaux du groupe platine, tout en renforçant rapidement son secteur du lithium. Des pays comme la République démocratique du Congo (RDC), la Zambie, le Zimbabwe, le Mali, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Maroc se positionnent comme des acteurs clés.
Longtemps dominée par les investissements chinois, notamment à travers l’initiative « Belt and Road », l’exploitation minière africaine attire désormais un intérêt accru des États-Unis et de l’Union européenne. Ces derniers multiplient les partenariats stratégiques, les investissements dans les infrastructures et les accords de coopération afin de sécuriser un approvisionnement fiable et responsable en minéraux critiques.
Cobalt et lithium : les leviers de puissance africaine
Le cobalt demeure un composant central des batteries lithium-ion. En 2024, la RDC a largement dominé la production mondiale, avec des sites majeurs comme Kisanfu, Tenke Fungurume et Kamoto, représentant à eux seuls plus de la moitié de l’offre mondiale. Consciente de cet avantage stratégique, la RDC mise désormais sur la transformation locale, le raffinage et la traçabilité afin de capter davantage de valeur ajoutée sur son sol.
Parallèlement, la production africaine de lithium connaît une montée en puissance rapide. En 2024, le continent a produit plus de 124 000 tonnes d’équivalent carbonate de lithium, principalement à partir de gisements de roche dure. Le Zimbabwe s’impose comme leader, suivi du Mali, de la Namibie, de l’Afrique du Sud, du Ghana et de la RDC. Avec près de 5 % des ressources mondiales identifiées, l’Afrique se positionne comme une alternative compétitive face aux grands producteurs traditionnels.
Vers une industrialisation portée par les minéraux critiques
Au-delà de l’extraction, l’enjeu pour l’Afrique réside désormais dans la transformation locale et l’industrialisation. Les investissements américains, notamment via la Development Finance Corporation (DFC) et le Minerals Security Partnership, dépassent les 200 millions de dollars et ciblent les infrastructures, la production responsable et la fabrication locale de batteries.
Le corridor de Lobito, reliant la Zambie à l’Angola par voie ferroviaire, illustre cette nouvelle dynamique. Soutenu par des financements américains et européens, ce projet vise à faciliter l’exportation des minéraux africains vers les marchés mondiaux tout en renforçant l’intégration régionale.
« La richesse minérale de l’Afrique n’est pas seulement une ressource naturelle, c’est un atout stratégique majeur pour la transition énergétique mondiale », souligne NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. « En misant sur la valorisation locale, l’exploitation responsable et des chaînes d’approvisionnement durables, le continent peut accélérer son industrialisation et créer des millions d’emplois. »
Un rôle décisif dans l’avenir énergétique mondial
À l’heure où la sécurité énergétique et la lutte contre le changement climatique dominent les agendas internationaux, l’Afrique apparaît comme un acteur incontournable de l’économie verte mondiale. Grâce à ses ressources, à l’augmentation des investissements et à une volonté croissante de transformation locale, le continent est appelé à jouer un rôle central dans la construction d’un avenir énergétique durable, inclusif et décarboné.
Source : African Energy Chamber (AEC) – Communiqué distribué par APO Group






