Kinshasa, 28 janvier 2026 – La République démocratique du Congo (RDC) traverse l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Confrontées à l’ampleur des besoins et à la rareté des ressources, les Nations Unies et la communauté humanitaire ont lancé, ce mardi à Kinshasa, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars afin de répondre aux besoins vitaux des populations les plus vulnérables, en particulier dans l’Est du pays.
Selon les estimations de l’ONU, près de 15 millions de personnes se trouvent actuellement en situation de détresse. Toutefois, en raison d’un déficit chronique de financement, l’aide humanitaire devra se concentrer sur 7,3 millions de personnes, celles dont la survie est la plus immédiatement menacée.
« La combinaison de besoins immenses et de ressources limitées nous impose des choix extrêmement difficiles, parfois impossibles », a déclaré Bruno Lemarquis, Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC.
Une réponse humanitaire sous contrainte
D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), le plan de réponse humanitaire pour 2026 repose sur une réduction drastique de la couverture géographique. Il cible désormais 228 zones de santé, contre 332 l’année précédente, et se concentre exclusivement sur les zones affectées par trois chocs majeurs : les conflits armés, les aléas climatiques et les épidémies.
Cette réorientation s’inscrit dans un contexte déjà fortement dégradé, notamment dans l’Est du pays. Depuis janvier 2025, la situation humanitaire continue de se détériorer au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, où les violences armées, les déplacements massifs de populations, les retours non sécurisés et les chocs climatiques se combinent à des épidémies récurrentes.
Des conséquences humaines alarmantes
Le sous-financement chronique de l’aide humanitaire a déjà produit des conséquences dramatiques. En 2025, seulement 24 % des besoins du plan de réponse avaient été couverts. Cette situation a entraîné la fermeture de plus de 1.000 centres de nutrition, privant ainsi près de 390.000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère de soins vitaux.

Par ailleurs, environ 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins de santé primaires en raison de la fermeture de structures médicales, des ruptures de stocks de médicaments essentiels et de capacités réduites de prévention et de réponse aux épidémies. L’aide alimentaire mensuelle a également été sévèrement réduite, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim et de privation.
Vers un changement de paradigme
Face à cette crise persistante, les Nations Unies appellent à un changement profond de paradigme. Pour M. Lemarquis, l’aide humanitaire, bien qu’indispensable pour sauver des vies, ne saurait constituer une solution durable.
« Elle ne traite pas les causes profondes des crises. La meilleure réponse est celle qui réduit durablement les besoins. La quête de la paix doit être au centre de nos efforts. Les solutions sont avant tout politiques », a-t-il souligné.
L’ONU plaide également pour l’abandon d’une logique de réaction permanente au profit d’une culture d’anticipation et de prévention, tant en matière de conflits que de gestion des risques de catastrophe.
Une crise trop souvent ignorée
Malgré l’ampleur de la situation, la crise humanitaire en RDC demeure largement sous-médiatisée sur la scène internationale. Les Nations Unies assurent néanmoins que la communauté humanitaire continue de se mobiliser aux côtés du gouvernement congolais. Elles insistent toutefois sur la nécessité d’un engagement financier accru afin d’élargir et d’intensifier l’aide, et d’éviter une aggravation supplémentaire de la souffrance des populations civiles.
#RDC #CriseHumanitaire #AideHumanitaire #NationsUnies #ONU #OCHA #UrgenceHumanitaire #EstDeLaRDC #NordKivu #SudKivu #Ituri #DéplacementsForcés #Malnutrition #Santé #SécuritéAlimentaire #FinancementHumanitaire #AppelDeFonds #PréventionDesCrises #Paix






