Boké, 03 avril 2026 – La tension politique monte d’un cran dans la commune urbaine de Boké. Ce vendredi, des centaines de jeunes et de femmes issus des quinze quartiers de la ville sont descendus massivement dans les rues pour exprimer leur rejet catégorique des candidatures des anciens maires et préfets en vue des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026.
Munis de pancartes et scandant des slogans hostiles, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « recyclage politique », estimant que les anciens responsables n’incarnent plus les aspirations actuelles de la population. Parmi les griefs majeurs évoqués figurent la gestion controversée des fonds du FODEL (Fonds de Développement Économique Local), ainsi que la démolition de l’ancien marché central, un épisode qui reste profondément ancré dans la mémoire collective des habitants.
À ces critiques s’ajoute la question de l’âge avancé de certains anciens dirigeants, jugé incompatible avec les exigences de dynamisme et de renouveau exprimées par une jeunesse de plus en plus engagée dans la vie publique locale.
Dans les coulisses, des tentatives de médiation ont pourtant été entreprises. Une réunion tenue au domicile d’un ancien maire, en présence de figures locales dont Soti Kemo, visait à fédérer les différents acteurs autour d’une liste consensuelle. Mais cette initiative s’est heurtée au refus catégorique des jeunes candidats, déterminés à imposer une nouvelle génération de leaders.
D’autres pistes ont également été explorées, notamment celle de solliciter le soutien de personnalités influentes telles que le général Mathurin Bangoura ou encore Savane, dans l’optique d’obtenir un appui décisif depuis Conakry pour la validation de certaines candidatures. Là encore, aucun consensus n’a pu émerger.
Dans ce climat de division, plusieurs figures montantes de la scène politique locale, dont Bassekou Amirou Dramé, Aly Badara Camara, Mamadou Saliou Keïta et Hamza Dansoko, ont désigné des représentants chargés de coordonner les actions et de porter la voix des jeunes candidats dans les discussions à venir.
À quelques semaines des échéances électorales, la situation à Boké laisse présager une compétition particulièrement disputée, sur fond de revendication de renouveau et de rupture avec les pratiques du passé.






