Au Cameroun, le débat sur la réforme des institutions refait surface avec intensité, alimenté par une analyse critique du Dr David Makongo. Dans sa tribune intitulée « Dilemma of a nation under a foreign colonial Constitution », l’universitaire met en cause les fondements mêmes de l’organisation politique du pays, qu’il considère profondément marqués par un héritage colonial.
Selon le Dr David Makongo, la Constitution en vigueur, issue du contexte de l’indépendance en 1960, continuerait de structurer la vie politique camerounaise sans véritable rupture avec son esprit d’origine. Bien qu’elle ait connu plusieurs modifications, elle resterait, à ses yeux, inadaptée aux exigences d’une gouvernance moderne et démocratique, en raison de son orientation initiale centrée davantage sur le contrôle que sur l’expression de la souveraineté populaire.
Dans ce contexte, le projet de création ou de réintroduction du poste de vice-président suscite de vives interrogations. Pour le Dr David Makongo, cette initiative ne constituerait pas une réponse aux aspirations profondes des citoyens, mais s’inscrirait plutôt dans une logique de recomposition du pouvoir exécutif, au bénéfice d’un système déjà critiqué pour son déséquilibre.
L’analyse met également en lumière les implications économiques d’un tel cadre institutionnel. Elle évoque une structure qui favoriserait la concentration des richesses et des opportunités entre les mains d’une minorité, au détriment d’un développement plus inclusif. À cela s’ajoute, selon lui, une tendance à l’instrumentalisation des révisions constitutionnelles, permettant aux élites politiques d’ajuster les règles du jeu à leur avantage, notamment en matière de durée des mandats ou d’affaiblissement des institutions de contrôle.
Sur le plan démocratique, la question de la légitimité des dirigeants est également soulevée. Le Dr David Makongo estime que le système actuel pourrait entretenir une distance entre les mécanismes de désignation du pouvoir et la volonté réelle du peuple, nourrissant ainsi un climat de défiance.
En définitive, cette tribune du Dr David Makongo pose avec acuité la question de la souveraineté politique et institutionnelle du Cameroun. Entre héritage historique et nécessité de refondation, le débat sur la Constitution et sur la création du poste de vice-président apparaît comme un enjeu central pour l’avenir du pays.






