Conakry, 27 septembre 2026-Depuis Newark, dans l’État du New Jersey aux États-Unis, le transport maritime de marchandises vers la Guinée connaît une hausse importante des coûts. Pour Mouctar Diabaté, PDG de MMD Worldwide Shipping, cette situation s’explique notamment par l’augmentation du coût du fret maritime international, les conditions de location des conteneurs et les contraintes liées aux circuits logistiques.
Installé au CTA, 25 Vista Avenue, Newark, New Jersey 07015, l’opérateur, qui affirme évoluer depuis près de 18 ans dans le secteur du transport de conteneurs, revient sur les réalités auxquelles sont confrontés les opérateurs qui expédient des véhicules et des marchandises vers Conakry.

Le prix du conteneur a fortement augmenté
Selon Mouctar Diabaté, le coût de réservation d’un conteneur à destination de Conakry a considérablement progressé.
« Avant, on prenait les conteneurs à 4 500 ou 4 020 dollars. Maintenant, le booking seulement, c’est-à-dire la réservation du conteneur, peut atteindre 8 000 dollars avec Maersk Line », explique-t-il.
Il cite également les tarifs de plusieurs autres compagnies. Avec MSC, le coût peut atteindre environ 8 300 à 8 400 dollars, tandis qu’ECL/Grimaldi se situerait autour de 7 900 dollars, selon ses indications.
À ces montants s’ajoutent les frais de transport terrestre et de chargement. Le déplacement du conteneur jusqu’au port peut notamment représenter environ 800 dollars, auxquels peuvent s’ajouter entre 600 et 800 dollars pour les opérations de chargement.
Au total, estime le PDG de MMD Worldwide Shipping, l’expédition d’un conteneur entre les États-Unis et Conakry peut ainsi avoisiner 10 000 dollars.
Des coûts qui pèsent sur l’importation des véhicules
Cette hausse du fret maritime se répercute directement sur l’importation des véhicules.
Mouctar Diabaté explique qu’un conteneur peut généralement accueillir quatre véhicules de taille moyenne, comme des RAV4, mais que cette capacité diminue lorsque les véhicules sont plus volumineux.
« Si ce sont de gros véhicules, comme certains Lexus, le conteneur peut prendre seulement trois véhicules. Pour certains Cadillac longs, on peut mettre seulement deux véhicules dans le conteneur », détaille-t-il.
Pour les importateurs, ces coûts supplémentaires compliquent ainsi la rentabilité des opérations, avec des dépenses liées au fret, au transport terrestre, au chargement et aux différentes formalités.
« Le port de Conakry n’a jamais cessé de fonctionner »

Alors que le fonctionnement du port de Conakry fait parfois l’objet de critiques, Mouctar Diabaté se veut catégorique.
« Le port de Conakry marche très bien. Il y a des gens qui disent que le port de Conakry ne travaille pas, mais le port de Conakry n’a jamais arrêté de fonctionner », affirme-t-il.
Selon lui, les difficultés observées doivent plutôt être replacées dans le contexte des volumes de marchandises et des circuits internationaux de transport maritime.
Il cite notamment le Ghana et le Nigeria, dont les volumes de conteneurs sont, selon lui, beaucoup plus importants que ceux de la Guinée.
Le Ghana bénéficie de volumes plus importants
Pour Mouctar Diabaté, le Ghana dispose d’un avantage important grâce au volume de marchandises qu’il traite.
« Ghana envoie beaucoup plus de conteneurs que la Guinée », souligne-t-il, estimant que cette situation contribue à maintenir des tarifs plus compétitifs.
Il évoque également la position du Ghana dans le réseau de distribution de certaines compagnies maritimes, notamment MSC.
Plusieurs compagnies desservent la Guinée, parmi lesquelles Maersk Line, MSC, CMA CGM/Dalmas et Grimaldi/ECL.
Des itinéraires maritimes qui évoluent
Le responsable de MMD Worldwide Shipping évoque également les changements intervenus dans les circuits de transport.
Selon lui, Maersk Line utilisait auparavant Algésiras, en Espagne, comme principal point de transit avant l’acheminement des conteneurs vers la Guinée. Le circuit aurait depuis évolué avec un passage par le Maroc.
Ces changements dans les itinéraires et les hubs de transbordement peuvent, selon lui, avoir des conséquences sur les délais et les coûts du transport.
Le transit par la Sierra Leone
Certains opérateurs choisissent également de faire transiter leurs conteneurs par la Sierra Leone avant de les acheminer vers la Guinée.
Mouctar Diabaté reconnaît cette possibilité, tout en soulignant les dépenses supplémentaires qu’elle peut entraîner.
« Quand tu fais passer un conteneur à Sierra Leone, Sierra Leone a ses règles, la Guinée a ses règles. Il faut payer le transit au gouvernement de Sierra Leone avant de passer le conteneur à Conakry », explique-t-il.
À cela peuvent s’ajouter les formalités douanières à l’entrée en Guinée ainsi que les dépenses liées à la caution et au retour du conteneur.
Simandou et la gestion des priorités portuaires
Le PDG de MMD Worldwide Shipping évoque également l’impact du développement de Simandou sur le trafic portuaire guinéen.
Selon lui, l’arrivée de marchandises liées au projet peut conduire les autorités à accorder une priorité à certaines cargaisons, ce qui peut temporairement modifier l’ordre de traitement des navires.
« Il faut que les autres bateaux attendent quelque temps pour que les marchandises de Simandou rentrent, parce que le gouvernement a donné un délai », explique-t-il.
Pour lui, les éventuels retards observés dans certaines opérations ne doivent donc pas être assimilés à une fermeture du port.
« Je fais au moins deux ou trois conteneurs par semaine »
Fort de près de 18 années d’expérience dans le secteur, Mouctar Diabaté affirme poursuivre régulièrement ses opérations entre les États-Unis et la Guinée.
« Grâce à Dieu, je fais au moins chaque semaine deux ou trois conteneurs qui vont à Conakry », affirme-t-il.
Il assure avoir plusieurs conteneurs en cours d’expédition, notamment avec Maersk Line, et considère cette activité comme une preuve du maintien des échanges maritimes entre les États-Unis et la Guinée.
À travers son témoignage, Mouctar Diabaté met ainsi en avant les différents facteurs qui expliquent, selon lui, la hausse du coût du transport maritime vers la Guinée : augmentation du fret, location des conteneurs, frais de transport terrestre, manutention, itinéraires de transbordement et volumes de marchandises.

Pour le PDG de MMD Worldwide Shipping, la hausse du prix des conteneurs ne serait donc pas uniquement liée à la Guinée, mais s’inscrirait dans une évolution plus large du transport maritime international.
Source : Conakry Nouvelle
Redigé par guineemining.com
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