Conakry, 27 octobre 2026 – La coopération entre la Guinée et le Japon franchit une nouvelle étape dans le domaine de la sécurité maritime. Les deux pays ont procédé, le 23 octobre, à la signature d’un accord de don de 300 millions de yens, soit environ 17,6 milliards de francs guinéens, destiné à financer la fourniture de deux vedettes rapides pour renforcer la surveillance des eaux guinéennes et lutter contre la pêche illicite.

La cérémonie s’est déroulée en présence de KATO Ryuichi, ambassadeur du Japon en Guinée, de Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, et d’Ismaël Nabé, ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement. Étaient également présents Morlaye Soumah, secrétaire général du ministère de la Pêche et de l’Économie maritime, et Guillaume Hawing, directeur général du Centre national de surveillance et de police des pêches.
Intitulé « Projet de développement économique et social – Projet de fourniture de deux vedettes rapides », cet appui japonais vise à renforcer les moyens opérationnels des services guinéens chargés du contrôle des activités de pêche et de la protection des ressources halieutiques.
La pêche illicite, un défi pour l’économie maritime guinéenne
Pour la Guinée, dont les communautés côtières dépendent en partie des ressources halieutiques, la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) constitue un enjeu économique, alimentaire et environnemental majeur.
Cette pratique fragilise les activités des pêcheurs locaux, accentue la pression sur les stocks de poissons et complique la gestion durable des ressources marines. Face à ces défis, le renforcement des capacités de surveillance et d’intervention en mer apparaît comme un levier essentiel pour améliorer l’application de la réglementation.

Prenant la parole lors de la cérémonie, l’ambassadeur du Japon, KATO Ryuichi, a souligné l’importance de la pêche pour l’économie et la sécurité alimentaire de la Guinée. Il a également rappelé les menaces que représente la pêche INN pour les professionnels locaux.
Selon le diplomate japonais, le financement accordé permettra de doter la Guinée de deux vedettes rapides destinées à renforcer la surveillance côtière. Il a exprimé l’espoir que ce projet contribue à consolider les relations entre les deux pays et à préserver les espaces maritimes pour les générations futures.
Kamsar et Morébaya ciblés par le dispositif
Selon les informations communiquées à l’occasion de la signature, les deux vedettes, capables d’atteindre une vitesse de 100 km/h, seront déployées aux ports de Kamsar, dans le nord du pays, et de Morébaya, dans le sud.
Leur mise en service devrait améliorer la capacité d’intervention des autorités compétentes, notamment pour intercepter les navires soupçonnés d’activités de pêche illégales et renforcer le contrôle des zones maritimes concernées.
Au-delà de la fourniture des équipements, l’efficacité de ce dispositif dépendra toutefois de leur disponibilité opérationnelle, de l’organisation des patrouilles, de la maintenance des embarcations et de la coordination entre les services de surveillance et les autorités chargées de faire respecter la réglementation.
La question des résultats sera donc déterminante : réduction des incursions illégales, meilleure protection des ressources halieutiques et préservation des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs.
Une coopération engagée depuis 1983
Ce nouveau projet s’inscrit dans le cadre de la coopération historique entre la Guinée et le Japon, établie depuis 1983 selon les éléments présentés lors de la cérémonie.
À travers ce don, Tokyo apporte un soutien matériel aux efforts guinéens visant à améliorer la gouvernance des ressources marines et à renforcer la sécurité des activités de pêche.
Pour Conakry, l’enjeu sera désormais de transformer cet appui financier en capacités opérationnelles durables. La protection du domaine maritime ne dépend pas uniquement de la rapidité des moyens d’intervention, mais aussi de la continuité des contrôles, de la rigueur des sanctions et de la gestion responsable des ressources.
La signature de cet accord marque ainsi une nouvelle étape dans le partenariat entre les deux pays, avec un objectif central : mieux protéger les eaux guinéennes et préserver le potentiel économique de la pêche au bénéfice des générations présentes et futures.

Ibrahima NDIAYE Journaliste d’investigation Mines Environnement Energie Economie et Relations communautaires
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Source : Ambassade du Japon en Guinée.






