Santé – Israël franchit une nouvelle étape dans la prise en charge de l’épilepsie. À l’hôpital Beilinson, une patiente de 42 ans est devenue la première personne en Israël à bénéficier du système EASEE, une technologie de neurostimulation développée en Allemagne, conçue pour réduire les crises épileptiques sans ouvrir la boîte crânienne ni introduire d’électrode directement dans le cerveau.
Cette intervention, réalisée à l’hôpital Beilinson du groupe Clalit, marque une première utilisation de cette technologie hors d’Europe, selon plusieurs publications consacrées à cette avancée médicale.
Baptisé EASEE, le dispositif a été développé par la société allemande PRECISIS. Il vise notamment les patients souffrant d’épilepsie focale dont les crises persistent malgré les traitements médicamenteux et pour lesquels une chirurgie classique présente des risques importants.
Une technologie qui agit depuis l’extérieur du crâne
Contrairement aux systèmes de stimulation nécessitant l’introduction d’électrodes dans le cerveau, EASEE repose sur un dispositif implanté sous le cuir chevelu, au-dessus de l’os crânien. Un câble relie l’électrode à un générateur électrique placé sous la peau, au niveau de la poitrine.
Le système délivre des impulsions électriques ciblées vers la zone identifiée comme étant à l’origine des crises épileptiques. Cette approche permet de stimuler le foyer épileptique sans pénétrer dans le tissu cérébral ni ouvrir le crâne.
L’intervention nécessite néanmoins une implantation chirurgicale sous la peau. Il ne s’agit donc pas d’un traitement totalement non invasif, mais d’une technique qui évite l’ouverture de la boîte crânienne et l’introduction d’électrodes dans le cerveau.
Une nouvelle option pour les patients résistants aux médicaments
La pose du dispositif chez cette première patiente israélienne a été réalisée par la docteure Idit Tamir, responsable de l’unité de neurochirurgie fonctionnelle de l’hôpital Beilinson, avec l’équipe médicale spécialisée.
Cette innovation pourrait élargir les possibilités thérapeutiques pour certains patients dont les crises restent difficiles à contrôler et pour lesquels l’ablation chirurgicale du foyer épileptique risque d’entraîner des séquelles neurologiques.
Des études cliniques menées en Europe ont déjà évalué le système. Une analyse publiée en 2023, portant sur 32 patients suivis après l’implantation, a notamment fait état d’une réduction d’au moins 50 % de la fréquence des crises chez environ 53 % des participants après six mois de stimulation. Ces résultats sont encourageants, mais ne garantissent pas une réponse identique chez tous les patients.
Une avancée prometteuse, mais des résultats encore attendus
Pour Olga Moisa, cette intervention ouvre une nouvelle perspective après plusieurs années de lutte contre des crises persistantes. Toutefois, l’efficacité du dispositif dans son cas particulier devra être évaluée sur la durée. Il est encore trop tôt pour conclure à une guérison ou à une disparition durable des crises.
Au-delà de cette première réalisée en Israël, le système EASEE illustre les progrès de la neurostimulation dans le traitement de certaines formes d’épilepsie résistantes aux médicaments.
Cette avancée rappelle également que l’innovation médicale ne se mesure pas uniquement à la sophistication des équipements, mais aussi à leur capacité à offrir de nouvelles possibilités thérapeutiques aux patients dont les options de traitement demeurent limitées.
Source : Israel National News, Israel Hayom, IsraJ Media et registre allemand des essais cliniques.
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