Dakar, 7 septembre 2026 – La route migratoire atlantique continue de révéler son lourd tribut humain. Au cours de la dernière semaine du mois d’août, 1 046 personnes ayant survécu à des tentatives de traversée vers les îles Canaries ont débarqué dans des conditions particulièrement vulnérables à Nouadhibou, en Mauritanie, ainsi qu’à Rosso et Dakar, au Sénégal.
L’information a été communiquée par Médecins Sans Frontières (MSF) dans un communiqué distribué par APO Group.
Les survivants se trouvaient à bord de sept embarcations en détresse, parties de Gambie et engagées sur l’une des routes migratoires les plus dangereuses de l’Atlantique. Après avoir été secourus et ramenés à terre, ils ont bénéficié d’une assistance d’urgence de la part des équipes médicales de MSF, en collaboration avec le Croissant-Rouge mauritanien à Nouadhibou et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Rosso et Dakar.
Des survivants dans un état de grande vulnérabilité
Selon MSF, plusieurs personnes secourues présentaient des problèmes médicaux sérieux, notamment une déshydratation extrême, des pertes de connaissance, des fractures, une grande fatigue ainsi que des infections cutanées, gastriques et respiratoires liées à leur séjour prolongé en mer.
Parmi les personnes débarquées figuraient 134 femmes, dont une femme enceinte, ainsi que 88 mineurs nécessitant une protection particulière.
La majorité des survivants seraient originaires du Sénégal et de la Gambie. D’autres venaient notamment du Mali, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire.
Des témoignages marqués par la violence
Au-delà des difficultés liées à la traversée maritime, plusieurs survivants ont rapporté aux équipes de MSF avoir été confrontés à des violences dans leur pays d’origine ou au cours de leur parcours migratoire.
Certains témoignages font état de violences attribuées à des passeurs. À Dakar, un survivant a déclaré avoir été battu par un passeur et par des hommes non identifiés afin de le contraindre à verser davantage d’argent pour son voyage. Une survivante a, quant à elle, rapporté avoir été victime d’un viol avant son embarquement, après qu’un passeur eut récupéré l’argent destiné à financer sa traversée.
Pour Dalil Adji, responsable de mission de la task force migration de MSF en Afrique de l’Ouest, ces récits illustrent la gravité de la situation.
Selon lui, les personnes qui entreprennent un parcours maritime d’environ 2 000 kilomètres doivent souvent fuir des situations qu’elles considèrent comme encore plus difficiles. Mais une fois engagées sur cette route, elles peuvent être confrontées à de nouvelles formes de violence et de vulnérabilité.
MSF appelle à des voies migratoires sûres et légales
Face à cette situation, Médecins Sans Frontières appelle les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et d’Europe à mettre en place des voies de migration sûres et légales, afin de réduire les risques auxquels sont exposées les personnes cherchant à quitter leur pays.
L’organisation plaide également pour une réponse migratoire davantage centrée sur la protection de la vie humaine, la dignité et l’accès rapide à l’assistance.
En plus des soins médicaux d’urgence, les équipes de MSF ont orienté les cas les plus graves vers des structures spécialisées. Elles ont également distribué de l’eau, de la nourriture, des couvertures et des kits de dignité, tout en assurant un soutien psychologique d’urgence.
Une crise humanitaire qui perdure
MSF intervient auprès des personnes débarquant après des traversées maritimes en détresse sur la route atlantique depuis 2024. L’organisation affirme être témoin, depuis le début de son projet, de l’ampleur croissante du coût humain de cette route migratoire et de la vulnérabilité des personnes qui l’empruntent.
Malgré les dangers connus de la traversée, des milliers de personnes continuent de tenter le voyage, souvent en raison de l’absence d’alternatives jugées sûres et accessibles.
Pour MSF, la multiplication de ces drames souligne l’urgence de repenser les politiques migratoires afin de limiter les pertes humaines sur l’une des routes maritimes les plus périlleuses vers l’Europe.
Sources : Médecins Sans Frontières (MSF) et APO Group.
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