Conakry, 30 octobre 2026 – Dans la stratégie de transformation économique du Sénégal, l’artisanat entend désormais occuper une place à la hauteur de son poids social et de son potentiel productif. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu, ce mardi 27 octobre 2026, au Palais de la République, les responsables des quatorze Chambres de métiers du Sénégal, regroupés au sein de l’Union nationale des Chambres de métiers.

Cette rencontre traduit une volonté politique de repositionner l’artisanat au cœur des priorités nationales. Longtemps considéré essentiellement comme un secteur de subsistance, il représente pourtant un véritable levier de création de richesses, d’emplois et de valorisation du savoir-faire local.
De la menuiserie à la couture, de la mécanique à la bijouterie, en passant par les multiples métiers de transformation, des milliers de Sénégalais contribuent quotidiennement à faire fonctionner l’économie nationale. Derrière chaque atelier, il y a des compétences, des familles, des emplois et surtout une économie de proximité qui mérite davantage de reconnaissance et d’accompagnement.
Pour le chef de l’État, l’artisanat constitue ainsi l’un des piliers de la souveraineté économique recherchée dans le cadre de la Vision Sénégal 2050. L’ambition est claire : renforcer les capacités nationales de production et de transformation afin de réduire la dépendance extérieure et de donner davantage de valeur aux ressources et aux compétences locales.

Mais cette ambition ne saurait se concrétiser sans des réformes structurelles. La formation professionnelle, la formalisation des activités et l’accès aux mécanismes de financement ont constitué les principaux axes des échanges avec les représentants des Chambres de métiers.
Au-delà des déclarations de principe, les artisans attendent désormais des mesures concrètes, capables de moderniser leurs outils de travail, d’améliorer leurs conditions d’exercice et de faciliter l’accès de leurs produits aux marchés.

L’enjeu est également générationnel. Transmettre les métiers, professionnaliser les jeunes et faire de l’apprentissage un véritable parcours d’insertion constituent des défis majeurs pour préserver ce patrimoine de compétences et préparer une nouvelle génération d’entrepreneurs.

En recevant les dirigeants des quatorze Chambres de métiers, Bassirou Diomaye Faye envoie un signal politique : la transformation économique du Sénégal ne peut se construire uniquement autour des grandes infrastructures et des investissements industriels. Elle doit également prendre racine dans les ateliers, les quartiers et les villages où se fabrique, au quotidien, une part essentielle de la richesse nationale.

La souveraineté économique commence aussi par la capacité d’un pays à produire, à transformer et à valoriser le savoir-faire de ses propres citoyens.
Ibrahima NDIAYE
Journaliste d’investigation – Analyste
Mines – Environnement – Économie – Énergie et Relations communautaires
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