Conakry, 6 novembre 2026 – Le dispositif de mutualisation de la route minière de Dapilon s’élargit avec l’arrivée de Nimba Mining Company (NMC). L’entreprise vient officiellement d’adhérer à l’accord encadrant la gestion, l’exploitation et la maintenance de cet axe stratégique, à l’issue d’une réunion du Comité technique organisée dans les locaux de l’Agence Nationale d’Aménagement des Infrastructures Minières (ANAIM).

La rencontre s’est tenue sous la présidence de Bachir Diallo, Directeur général adjoint de l’ANAIM et président du Comité technique. Elle a réuni les représentants du ministère des Mines et de la Géologie, de l’ANAIM ainsi que plusieurs sociétés minières et partenaires concernés par l’exploitation du corridor, notamment Dynamic Mining, Ashapura Minex, Winning Alliance Ports (WAP) et CDM Chine.
En prélude aux travaux, le Directeur général de l’ANAIM, Aly Damalaye Condé, a reçu en entretien Patrice L’Huillier, Directeur général de Nimba Mining Company. Cette rencontre a précédé l’examen formel de l’acte d’adhésion de la société au dispositif de mutualisation.

Un cadre de coopération renforcé
Au cours de la session, les membres du Comité technique ont procédé à la lecture et à l’examen du document d’adhésion de Nimba Mining Company. Après la prise en compte des observations formulées par les participants, le texte a été approuvé à l’unanimité avant sa signature.
Cette nouvelle adhésion vient élargir le cadre de coopération instauré par l’accord de mutualisation de la route minière de Dapilon, signé le 3 octobre 2025.
L’objectif est de favoriser une utilisation partagée de cette infrastructure, tout en harmonisant les conditions d’exploitation, les obligations des entreprises utilisatrices et les mécanismes de maintenance du corridor.
Sécurité routière : des exigences à respecter avant toute circulation
Au-delà de l’adhésion institutionnelle, le Comité technique a particulièrement insisté sur les conditions préalables à toute utilisation de la route par Nimba Mining Company.
Bachir Diallo a rappelé plusieurs obligations, notamment la formation et la sensibilisation des chauffeurs, le port obligatoire des équipements de protection individuelle, l’identification des camions ainsi que la régularité des documents administratifs.
L’aptitude médicale des conducteurs et la conformité technique des véhicules ont également été évoquées. Ces exigences concernent aussi les engins et camions mobilisés par les entreprises sous-traitantes.
Dans le même registre, un projet de barème de pénalités applicable aux infractions et manquements aux règles d’utilisation du corridor a été soumis à l’examen des membres du Comité.

Les discussions ont notamment porté sur la prévention des accidents, le respect des limitations de vitesse et le renforcement des dispositifs de contrôle. La géolocalisation des véhicules et les systèmes de surveillance embarquée figurent parmi les mécanismes envisagés pour améliorer le suivi des opérations et responsabiliser les différents utilisateurs.
Redevances et responsabilités des entreprises utilisatrices
La question financière a également occupé une place importante dans les échanges. Le président du Comité technique a rappelé que chaque entreprise bénéficiant de l’infrastructure est tenue de s’acquitter des redevances liées à son utilisation et à son entretien.

Il a notamment souligné que les éventuels différends commerciaux ou contractuels entre les sociétés minières et leurs sous-traitants ne peuvent constituer un motif pour se soustraire aux obligations financières prévues dans le cadre de la mutualisation.
Cette exigence vise à garantir la disponibilité des ressources nécessaires à l’entretien régulier de la route et à préserver la durabilité de l’infrastructure.
Les communautés riveraines au cœur du dispositif
Au-delà des préoccupations opérationnelles et financières, les membres du Comité ont abordé la nécessité de renforcer les relations avec les communautés établies le long du corridor.
L’information des populations riveraines et la mise en place d’un mécanisme formalisé de gestion des plaintes ont notamment été évoquées. Une démarche qui vise à favoriser le dialogue, à anticiper les difficultés liées à la circulation des véhicules miniers et à améliorer la cohabitation entre les activités industrielles et les riverains.
À travers l’intégration de Nimba Mining Company, l’ANAIM poursuit ainsi la structuration d’un modèle de gestion collective des infrastructures minières. Un dispositif qui repose sur le partage des responsabilités, le respect des obligations contractuelles, la sécurité des usagers et la préservation des investissements.
Dans un contexte où la mutualisation des infrastructures constitue un enjeu important pour la compétitivité du secteur minier guinéen, l’élargissement de cet accord représente une nouvelle étape dans la coordination des opérateurs autour de la route minière de Dapilon.
Ibrahima NDIAYE
Journaliste d’investigation
Mines – Environnement – Énergie – Économie et Relations communautaires
Source : ANAIM – Département Communication et Relations publiques
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